Je me suis encore assise sur cette moitié de banc qu'on aimait tant. Cette planche de bois qui ressemble plus à une poutre abandonnée qu'un siège jadis utilisé. Pourtant, on l'a aimé. On avait vue sur le lac et on observait les libellules. Chaque couleur qu'on apercevait nous rendait à un sentiment. C'était notre façon à nous de nous exprimer sans que l'autre juge. Qu'on aimait les derniers rayons de soleils nous brûler les yeux et nous éclaircire le front.
Je me dis que tous ça, c'est finit. Et j'ai les mains qui gratte le sol avec une brindille. J'écris ton prénom. Ton prénom. Ca me fait sourire à présent. Sourire que je souffre à placer. Sophie. Ma grande Sophie. Tous les mots de la terre ne suffira pas. Je le sais bien. On se masquait, on attendait notre chance. On envoyait nos pensées dans le ciel, sous la route du vent. Les nuages dessinaient les pas à suivre.
J'entend encore nos rires qu'on poussait trop forts.
J'entend encore ton crissement de voix
J'entend encore le gravage sur notre arbre
J'entend encore tes pas qui résonnent derrière moi
J'entend encore ta voix qui me dit Je t'adore
J'entend encore ta dernière larme sur ton lit
J'entend les portes de l'hôpital
J'entend ma promesse



